vendredi, octobre 09, 2026

 


Carré Saint-Louis. Mi-journée. Je cherche la tranquillité, je cherche à n'entendre que le vent dans les feuilles, mais je ne pense pas que ce sera facile avec cette femme et cette ado qui parlent en franglais à côté de moi (changé de place, déjà: ces trois cégépiens qui se crient après plutôt que de se parler... et pas d'autres tables de libres - que des bancs de parc). Mais ok. La paix pour écrire se trouve ailleurs. Se trouve sans doute dans un chalet au bord d'un lac, mais ce ne sera pas pour tout de suite (alors qu'un homme d'une cinquantaine d'années arrête son vélo électrique tout près, la musique forte, un genre de dance agressant, qu'il impose aux gens autour, à l'entrée de la rue Prince-Arthur). Quand donc l'irrespect s'est-il fait omniprésent dans notre société? Le moi prévalant en tout temps au détriment du bien-être des autres? (J'ai le droit, donc je le fais... Subis, mon ami.) (Peut-être depuis que les bibliothèques sont devenues comme des centres d'achats, où l'ombre d'un semblant de silence n'existe plus (pas même un de la part du personnel)?) 

Mais l'automne est dans le parc. Les chandails de laine, les tuques, les longs manteaux (la femme et la fille viennent de quitter), les foulards, les collants, les feuilles jonchant le sol, les gens dans le déni, en t-shirt ou en jupe à 14 degrés Celsius. (Une vieille femme aux longs cheveux blancs donnant son adresse à l'écureuil devant elle, l'invitant sur son balcon - un livre de Michel Jean dans une main, le téléphone dans l'autre.)

La lumière d'octobre à mi-journée, diffusée par de blancs nuages. Le buste d'un jeune Nelligan illuminé de soleil, tandis qu'un homme passe derrière en se criant des choses  (mise en abîme?) - pantalons bleu North Carolina Tar Heels, coat d'hiver comme s'il faisait -20. Et les hauts érables tout autour, multicolores, un peu dégarnis, laissant passer un vent frais, qui vient par vagues, avec de longues pauses entre chacune. 

La ville maintenant une rumeur autour, un peu assourdie, les gens en périphérie et non immédiatement là, tonitruants, impossibles à éluder. 

Un homme nu-tête, mains dans les poches, manteau à la Dick Tracy, me sourit en passant (son regard bleu, bon), marchant derrière sa femme qui photographie les arbres avec son téléphone sans s'arrêter. A l'air absolument heureux, en paix. Ils tournent et descendent tranquillement Laval vers Sherbrooke. 































































vendredi, septembre 18, 2026

 


downtown Calgary
18 juillet 2026

Rencontré un gars d'environ mon âge qui semblait être un itinérant en marchant vers la Public Library ce matin. Il m'a dit qu'il était un poète. Il m'a montré son cahier de poèmes, m'a demandé d'en choisir un parmi cinq d'entre eux, et il m'a lu à haute voix celui que j'ai choisi. Ça m'a semblé bon, même si j'avais du mal à tout comprendre. Il m'a dit qu'il avait cinq noms différents, parce que cinq personnalités. L'un d'eux était "Juneau". Il m'a dit que c'était celui qu'il préférait. Je lui ai demandé d'où il venait. 'From planet Earth, just like you, my friend.' -No, but where were you born? - Oh, I was born in Salmon Arm, B.C.. Il m'a alors montré une ''salmon handshake'' ('grab my arm here, just here, (moi hésitant) don't worry') et une ''king's handshake''. M'a expliqué qu'il avait passé 2h et demie en attente au téléphone hier pour recevoir un transfert d'argent de la banque, et qu'il ne l'avait toujours pas eu un fin de journée. A par la suite remarqué une balloune jaune à moitié gonflée sur le bord de la bande trottoir, et l'a ramassée, excité.

'The secret of life is having fun and to be always looking for the treasure that's right in front of you.'

*

Il avait de très beaux yeux. Je lui ai fait la remarque, et il m'a répondu que ceux de sa fille étaient encore plus beaux, 'but just by a little!', clin d'oeil en traversant la rue.

'Hey! Remember: life is not to be understood, but to be enjoyed.'









































































mercredi, septembre 02, 2026

 

Le bourdon
crépuscule
immobile
accroché
parfaitement
ses deux pattes
toutes fines
d'en avant
à la verge
dort











































































 

lundi, août 10, 2026

Escape room

 

Elle ouvre la porte et entre dans la chambre. D'une voix chantonnante:

-Regardez ma jolie tasse!

-Mamaaan! On est dans un EX-PÉ-RIOUM!










































































mercredi, juillet 22, 2026

 


Vieux Tolstoï, tu m'as fait pleurer avec ton Hadji-Mourat... 























































mercredi, juin 10, 2026

Dernier matin d'examen

 

Madame Melynda... quand je vais avoir fini, est-ce que je pourrai bomber le torse?

~Adrian























































































mardi, avril 07, 2026

Nihel

 

Ce matin-là, vers 9h15, alors que j'étais en train de donner des consignes pour la chasse aux oeufs de Pâques, sans préavis (comme à son habitude), elle m'a demandé:

-Pourquoi t'es pas Arabe?














































































vendredi, février 06, 2026

 


                                                                             abbaye Saint-Benoît-du-Lac


La chaleur s'est faite dans la chambre avec l'arrivée de la nuit.

Assis dans cette chaise IKEA sous la lampe, je lis Braise silencieuse d'Yves Girard. Et note quelques-unes de ses phrases dans mon carnet, dont celles-ci:

«Je ne puis que vous inviter à être attentifs à ce feu qui brûle au fond de vous.»

«Je ne suis pas libre: l'insuffisance de ma parole m'interdit de répondre à la démesure de votre désir.»

«Mon rôle est de vous décevoir et, par là, de vous renvoyer à vous-mêmes.»

*

Environ quarante-cinq minutes plus tard, alors que je termine The Road de Cormac McCarthy:

"You're going to be okay, Papa. You have to.
No I'm not. Keep the gun with you at all times.
You need to find the good guys but you can't take any chances.
No chances. Do you hear?
I want to be with you.
You cant.
Please.
You cant. You have to carry the fire.
I dont know how to.
Yes you do.
Is it real? The fire?
Yes it is.
Where is it? I dont know where it is.
Yes you do. It's inside you. It was always there.
I can see it.
Just take me with you. Please.
I cant.
Please, Papa.
I cant. I cant hold my son dead in my arms. I thought I could but I cant.
You said you wouldnt ever leave me.
I know, I'm sorry. You have my whole heart. You always did. You're the best guy. You always were. If I'm not here you can still talk to me. You can talk to me and I'll talk to you. You'll see.
Will I hear you?
Yes. You will. You have to make it like talk that you imagine. And you'll hear me. You have to practice. Just dont give up. Okay?
Okay.
Okay.
I'm really scared Papa.
I know. But you'll be okay. You're going to be lucky. I know you are. I've got to stop talking. I'm going to start coughing again.
It's okay, Papa. You dont have to talk. It's okay."

Une synchronicité de plus me sidérant. 









































































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